Félicité

Quand elle chante Félicité n’est plus sur terre, elle est dans un autre monde, que rien ou presque ne peut atteindre. Et rien ou presque ne peut l’arrêter, sauf, sauf quand il s’agit de la chair de sa chair.

Félicité n’est pas aimable, et ne cherche pas – ou plus à l’être. Félicité chante chaque soir, Tabu, lui, boit à s’en abrutir. Chaque soir. Ces deux-là s’échappent, chacun à leur façon. Et, de manière un peu improbable, semblent s’accommoder l’un et de l’autre. La plongée au cœur de Kinshasa est envoutante, puis déprimante plus que flippante. Le règne de la débrouille, de la solidarité sous contrainte, des arnaques petites et grandes, des arrangements incessants avec le quotidien pour vivre une vie à peine digne, finit par épuiser les plus forts. Ou bien les force à trouver un moyen de s’échapper.

Félicité n’est  pas souriante, mais quand elle sourit, elle emporte tout. Tout, et nous avec, et on s’échappe loin avec elle.

Félicité – Un film d’Alain Gomis (2017)

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